S'agissant des monuments, on pourrait croire que le débat n'a pas évolué depuis le XIXème siècle, lorsque Il n'y avait de choix qu'entre le rétablissement d'états imaginés (ce que Viollet-le-Duc appelle restauration après Vézelay1), et l'abstention et la mort digne, posture romantique de Ruskin2.
Du fait de l'extension toujours plus grande de la notion de patrimoine aussi bien en nature que dans le temps, des objets d'intérêt ethnologiques ou archéologiques aux oeuvres de musée, du passé le plus lointain à aujourd'hui, les cent cinquante années qui nous séparent de la querelle fondatrice rappelée ci-dessus ont considérablement vu évoluer les choses, au moins autour des monuments. Il est ici proposé d'essayer de voir s'il est possible d'en tirer quelque chose pour les monuments eux-mêmes.
La première acception du terme restauration définit ce qui est appelé la « restauration stylistique » : il s'agit que le monument, débarrassé des atteintes et scories du passage du temps, devienne exemplaire. Au XIXème siècle, l'Histoire est conçue comme une succession de chapitres. La restauration a pour mission de rendre les monuments conformes à des idéaux types, modèles de la bonne architecture. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que le premier travail important subventionné par la toute nouvelle Commission des Monuments historiques soit, à partir de 1852, non pas une restauration telle qu'on l'entend aujourd'hui mais la reconstruction de la façade de l'église Saint- Ouen à Rouen, en style néogothique. Que ce travail devienne exemplaire supposait d'ailleurs la destruction des très importants vestiges de la façade authentiquement médiévale. Ses tours biaises inachevées ont été considérées non comme l'initiative d'un architecte génial de l'époque flamboyante, ce qu'elle était, mais comme un monstre dont il fallait débarrasser un chef d'oeuvre inachevé3 !
Le Versailles purgé de ses avatars post-révolutionnaires, même s'il agit du très historique Louis-Philippe, va dans ce sens. Cette manière a été mise en place par Mérimée et Viollet-le-Duc, au moment de l'invention de la notion de « monument historique »4. L'historien hollandais Wim Denslagen a montré l'ancienneté, l'étendue et la vigueur encore actuelle de ce courant5. Il a toujours eu et a d'ailleurs toujours la faveur des institutions : une Histoire simplifiée par le « restaurateur » est évidemment plus facile à instrumentaliser par le politique que des accidents (ils cristallisent eux l'incorrect « marmonnement » du monde6).
Les rares voix qui contestent aujourd'hui la violence faite aux monuments s'interrogent sur la valeur de ce dont on hérite après ce type de travaux. Selon les épigones de la tradition viollet-le-ducienne, le recours aux « matériaux d'origine mis en oeuvre comme à l'origine » serait le garant nécessaire et suffisant d'une authenticité ainsi « retrouvée ».
Jean-Michel Leniaud définit ce fétichisme conjugué de la matière et de la main de l'artisan comme l'émergence du « primitivisme » en architecture. Il en voit l'apparition en 1849, date à la fois de la circulaire sur les cathédrales, qui impose et détaille le recours aux matériaux d'origine pour les réparations, et du projet de restauration de la Sainte-Chapelle de Paris par Lassus et Viollet-le-Duc, qui érigent dans le ciel de Paris une flèche « médiévale »7.
Il s'en faut néanmoins qu'il n'y ait d'alternative au « laisser mourir » qu'on oppose à cette médecine pour le moins intrusive. Jukka Jokiletho s'est intéressé à ce qu'il appelle « Architectural Conservation »8, concept apparu en Europe dès le début du XIXème siècle, lors des débats sur les interventions sur les monuments antiques.
A la différence de la France, tout le monde apprend en Italie que le premier monument restauré au sens moderne du terme n'est pas la Madeleine de Vézelay (la doxa française), mais à Rome, l'arc de Titus, par Stern et Valadier en 1812. On y sait moins que les questions qui étaient débattues portaient déjà sur les limites d'intervention, la « manière italienne » (restauration discernable mise en oeuvre lors de la première restauration du Colisée au tout début du siècle) s'opposant déjà à une approche française, privilégiant la « restauration de l'architecture »9.
Il n'y a pas lieu ici de raconter en détail cette histoire là, mais de constater que ce débat aboutit, au cours de la seconde moitié du XXème siècle, à l'énoncé de principes qui limitent strictement l'appropriation des monuments par les architectes.
Considérés comme des documents scientifiques, les règles d'intervention les concernant ont été progressivement codifiées : Charte de Venise (1963)10, Convention de Grenade (1985)11 et Document de Nara sur l'authenticité (Convention du Patrimoine mondial de 1994)12. En principe, la marge de manoeuvre des intervenants devrait en être limitée : les interventions doivent être précédées par une documentation préalable exhaustive ; les arbitrages ne peuvent être faits par le seul directeur des travaux. La réforme des études et des travaux sur les monuments historiques mise en oeuvre à partir de 1995 a permis que la France intègre le concert des nations, au moins au niveau des principes.
Le support théorique de ces textes doit être cherché en Italie. En 1963 y paraissait la Théorie de la restauration de Cesare Brandi qui, pour la première fois, proposait une alternative conceptuelle à la restauration stylistique : « la restauration constitue le moment méthodologique de reconnaissance d'une oeuvre d'art, dans sa consistance physique et sa double polarité, esthétique et historique, en vue de sa transmission aux générations futures »13.
A l'origine historien de la peinture, Brandi s'était d'abord interrogé sur l'authenticité des oeuvres qu'il étudiait : « qu'est-ce qui nous est parvenu de la création originelle ? », aussi bien du point de vue de la transformation physique des matériaux, souvent irréversible, que des ajouts et modifications successives. Pour lui, le travail du restaurateur ne peut pas porter sur l'oeuvre d'art en temps que telle, elle n'est qu'image et concept, mais sur sa matière. C'est elle que l'on doit stabiliser en portant toute son attention à la fois sur son équilibre, et sur ce qu'elle renvoie comme image. Pour dire simple et en priorité : identifier les causes d'altération (le motif initial de l'intervention) et essayer d'améliorer les conditions de conservation. Ce qui ne doit pas empêcher d'avoir un regard critique : qu'est-ce qui nous est parvenu de la création originale, comment a-t-elle évolué, nous est-elle encore accessible ou seulement de manière irrémédiablement fragmentaire ? Cette réflexion n'est pour un restaurateur nullement abstraite, mais définit un niveau d'intervention, qui doit lui éviter la falsification. Imagine-t-on posture plus opposée à la restauration traditionnelle, celle conceptualisée en 1875 par Viollet-le-Duc ? On comprend pourquoi la Théorie a attendu trente sept ans pour être traduite en France ! C'était pourtant l'indispensable arrière-plan théorique de la Charte de Venise, alpha et oméga de tous les débats en France jusqu'aux années quatre-vingts où elle a été rejetée comme « démodée ». Car la France reste absolument étrangère aux principes à partir desquels réfléchissent ces institutions. Lorsqu'elle s'y essaye, par exemple lors des comités scientifiques qui devraient encadrer les travaux les plus importants14, à défaut de l'outil de réflexion que constitue Brandi, ces comités ne peuvent le plus souvent que faire le constat que les intervenants ne se comprennent pas, hiatus rendant toute communication constructive impossible entre architectes, archéologues et conservateurs de tous bords15.
A défaut d'aller voir outre frontière « comment ça se passe » (notre orgueil national l'interdit), l'exemple de ce qui se passe dans les musées peut être regardé. L'Institut National du Patrimoine a récemment organisé une journée d'étude intitulée « Cesare Brandi et la France »16. D'un côté, Michel Laclotte et Ségolène Bergeon ont pu se féliciter que la pensée de Brandi, enseignée depuis plus de 20 ans, serve de support opérationnel aux interventions dans les musées17. De l'autre, Isabelle Pallot-Frossard a relevé qu'il s'agissait encore d'une terra incognita pour le Service des monuments historiques. Lorsqu'elle a avancé, courageusement, « nous n'en sommes qu'à la préhistoire du travail et de la réflexion sur les oeuvres d'art », elle s'est fait reprendre par le président de séance d'un « parlez pour vous, Madame ! ». A la fin de cette même année 2007, le même constat n'a pu qu'être fait lors de la présentation de la traduction de La restauration, méthode et études de cas de Cesare Brandi à l'ambassade d'Italie18 : un Inspecteur général du service des Monuments historiques s'est même risqué à insister sur « l'extrême originalité de la position française de restauration des monuments historiques, héritière, elle, de Viollet-le-Duc », au grand ébahissement des conservateurs présents !
La question qui se pose aujourd'hui est celle de la possibilité de faire évoluer l'opposition rappelée en introduction (restauration versus conservation), autour de laquelle tournent toujours les débats sur la restauration des monuments. Trois pistes sont proposées : introduire l'histoire de la restauration dans les enseignements, faire progresser la connaissance et l'application du droit international et, pour finir, faire connaître et valoriser une autre conception du travail de restauration.
Première piste : faire rentrer l'enseignement de l'histoire de la restauration à Chaillot, qui forme les architectes restaurateurs19. Aujourd'hui contée sur le seul mode dramatique de « ruine » puis « résurrection » (discours sacerdotal qui plait aux institutions), alors que les monuments célèbres font l'objet de campagnes continues de travaux, une contre-histoire de la restauration donnerait sûrement une toute autre profondeur à la vie des monuments. Et conduirait les apprentis restaurateurs à plus de modestie. Quoiqu'en ait dit Viollet-le-Duc, les monuments ont toujours été restaurés, plus ou moins bien, avec plus ou moins de respect. Les exemples abondent quand on s'y intéresse.
Les fouilles récentes ont montré que le cloître de Moissac, « authentique »chef d'oeuvre roman des années 1100, a été reconstruit jusqu'aux fondations par un abbé au XIIIème siècle : celui-ci a fait replacer avec le plus grand soin bases, colonnes et chapiteaux, « à l'identique » dirait-on, du moins peut-on le penser aujourd'hui20.
Au XIIIème siècle, un architecte, Gautier de Varinfroy, s'est fait une spécialité de restaurer les cathédrales malades : on trouve ainsi sa trace à Sens, après l'effondrement de la tour nord, à Meaux et à Evreux21.
Au début du XIVème siècle, à la façade occidentale de la cathédrale de Bourges, les tassements de la tour sud ont obligé à la construction de l'énorme pilier butant qui prolonge aujourd'hui la façade vers le sud. Mais également au démontage et à la reconstruction des voussures du portail Saint-Ursin22. Jusqu'à une toute récente restauration, personne n'avait repéré cette intervention. Le travail avait été effectué avec tant de soin qu'on y cherchait à bon droit les échos de l'évolution du traitement des drapés « parisiens » au milieu du XIIIème siècle !
La tour lanterne de Chambord a été l'objet d'une première grande restauration dès le milieu du XVIIème siècle, par ordre de Gaston d'Orléans qui abandonne alors la construction de Blois. Deux des arcs boutants effondrés ont été méticuleusement remontés : « refaire et reparer de mesmes qu'elles estoient cy devant qu'elles fussent ruinees, de mesme ordonnance d'architecture et sculpture que ce qui est a present en bon estat et de mesme nature de pierre et de mesme appareil » précise le marché de travaux de 164123.
Le lanternon sommital a été lui complètement remplacé (et « amélioré ») par les architectes Desbois à la toute fin du XIXème siècle : l'original (ou supposé tel) est remonté dans le dépôt lapidaire du château. Renaissance, Chambord ?
Ces trois exemples pris au hasard obligent à relativiser à la fois la pertinence de ce qu'on peut améliorer (du point de vue de la conservation et de la présentation) et l'âge effectif de ce sur quoi on travaille.
C'est d'ailleurs ce qu'on connaît aujourd'hui de l'histoire de la restauration, discipline nouvelle pour les monuments, qui amène à proposer une mise en perspective historique de Brandi. On ne peut qu'être frappé aujourd'hui de sa virulence à l'encontre des « mauvaises restaurations », les interventions du XIXème siècle sur les oeuvres et les monuments, fautives du fait d'une conception « erronée » de l'histoire.
Les travaux novateurs de Bruno Foucart24, sur l'art au XIXème siècle, et de Jean-Michel Leniaud25, sur l'histoire institutionnelle de ce même XIXème siècle, ont montré la subjectivité de cette position, qui ne peut plus être aujourd'hui acceptée : les « restaurations » du XIXème siècle doivent (aussi) être considérées comme des apports valables du point de vue de l'histoire26. D'autant que l'enlèvement de ces ajouts ou modifications amènent le plus souvent un traumatisme plus grand encore que leur conservation. Sans gain aucun pour l'histoire de l'art.
Accepter le passage du temps, les modifications successives n'est pas une position théorique, c'est tout simplement une obligation réglementaire. Imagine t'on le réveil brutal le jour où la France sera poursuivie devant la Cour de justice européenne pour non respect de la convention de Grenade ? Ce déficit de connaissance du droit doit impérativement être comblé au moment où l'entière responsabilité de la conservation des monuments a été transférée de l'Etat aux propriétaires27.
A défaut de cet apprentissage, l'arbitraire des décisions qu'imposait jusqu'aujourd'hui l'Etat se noie dans le formalisme kafkaïen des procédures. Dépourvu de support théorique ou même d'une quelconque jurisprudence puisque les décisions de la défunte Commission supérieure des Monuments historiques n'ont jamais été publiées28, le « contrôle scientifique et technique » censé précéder les décisions en est réduit à raffiner sur la taille du clou, la forme de l'ardoise ou savoir si la taille des pelouses ou le sablage des allées des jardins historiques relèvent ou non d'une autorisation de travaux29.
Respecter l'oeuvre ET le passage du temps donne toujours un résultat plus satisfaisant qu'un monument restitué, condamnable comme « faux historique et esthétique » suivant l'apostrophe sans appel de Brandi. S'interdire de revenir sur l'histoire du monument ou de porter un jugement de valeur sur les interventions successives de nos prédécesseurs n'exonère pas d'une réflexion esthétique : le travail doit être respectueux, mais le résultat doit être beau. Il l'est toujours si la réflexion sur « l'unité potentielle de l'oeuvre d'art » à laquelle toute restauration doit viser selon Brandi est correctement menée.
La modicité des moyens des communes, souvent propriétaires des monuments, conjuguée à la sensibilité d'architectes de nouvelle génération milite dans le sens de cette conservation bien comprise. Les publications de l'association de la Sauvegarde de l'Art Français, qui aide financièrement à la restauration de monuments modestes, en donnent une bonne idée. Le fait que les reconstitutions de sculptures ou de décors soient exclues des subventions du fait d'une clause expresse de sa fondatrice, la marquise de Maillé, va d'ailleurs dans ce sens. Jamais les propriétaires de monument ne regrettent d'avoir accepté ce choix, modeste et anti-médiatique : à tout âge, l'homme de la rue comprend très bien à la fois le respect des choses anciennes, et qu'une chose ancienne n'a pas à ressembler à une production contemporaine.
Recours à l'histoire, détour théorique italien comme source positive du droit de la restauration, exemplarité d'un travail strictement limité : puissent ces trois piliers former un socle à partir duquel, au-delà d'approches et de cultures spécifiques diversifiées, travailler en commun. Pour que la restauration redevienne un enjeu culturel.
1 VIOLLET-LE-DUC : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XI au XVI ème siècle, Paris, 1875, tome VIII, p.14 : « Le mot et la chose sont modernes. Restaurer un édifice, çà n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé dans un état complet».
2 Ce principe du « laisser mourir » ruskinien de tradition anglo-saxonne et romantique a été introduit en France par Proust (1904). Après Anatole France, Rodin, dans Les Cathédrales de France (1914) lui a prêté sa grande voix. Les diatribes enflammées de l'association Momus relève de cette tradition.
3 Jean-Michel LENIAUD, Fallait-il achever Saint-Ouen de Rouen ? Débats et polémiques, 1837-1852, Rouen, 2002.
4 Pour une histoire décalée : Kevin MURPHY, Memory and modernity, Viollet-le-Duc at Vézelay, Pennsylvania University, 2000.
5 Wim DENSLAGEN, Architectural restoration in Western Europe : controversy and continuity, Amsterdam, 1994.
6 Suivant le beau mot de Michel Foucault : Philipe ARTIERES et Mathieu POTTEBONNEVILLE, D'après Foucault : gestes, luttes, programmes, Paris, 2007.
7 « Edifices diocésains : instructions pour la conservation, l'entretien et la restauration de ces édifices et particulièrement des cathédrales, circulaire aux architectes diocésains du 26 février 1849 » publiée dans : Jean-Michel LENIAUD, Les cathédrales au XIXème siècle, Paris, 1993, p.810 ; Jean-Michel LENIAUD, « La Sainte-Chapelle au siècle de l'histoire », note de présentation de la réédition de La Sainte Chapelle de Paris […], Paris, 2007. Voir également ses deux Cours publics thématiques de Chaillot des 8 et 15 janvier 2007, « La restauration monumentale en France au XIXème siècle», publiés par la Cité de l'Architecture et du Patrimoine (2007), malheureusement seulement en DVD.
8 Jukka JOKILETHO, A History of Architectural Conservation, Oxford, 1999.
9 Suivant en cela le travail académique de « restitution » dessinée des pensionnaires de Rome. L'application aux bâtiments émerge alors au sein du service des Bâtiments civils, actif à Rome après 1802 et l'invasion française. Voir : Pierre PINON, François AMPRIMOZ, Les envois de Rome, architecture et archéologie, Ecole française de Rome, 1988 ; Jukka JOKILETHO, A History of Architectural Conservation, Oxford, 1999, p.75 et suivantes ; Isabelle DURAND, La conservation des monuments antiques, Arles, Nîmes, Orange et Vienne au XIXème siècle, Rennes, 2000.
10 Le texte intégral de la Charte internationale sur la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites, adoptée à Venise par le II° Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques, 1964, puis par l'ICOMOS en 1965, est accessible sur le site icomos.org.
11 Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Architectural de l'Europe, Conseil de l'Europe, Grenade, octobre 1985.Traité européen ratifié par la France.
12 Texte accessible sur le site de l'UNESCO.
13 Cesare BRANDI, Teoria del restauro, Rome, 1963 (traduction : INP, Editions du Patrimoine et Monum, Paris, 2000), p. 30 de la traduction.
14 La Convention du Patrimoine mondial de l'UNESCO prévoit explicitement que les travaux soient présentés à des comités scientifiques internationaux, ce qui n'est pratiquement jamais le cas.
15 Patrick PONSOT, « Pourquoi lire Cesare Brandi ? », Bulletin Monumental, 2003-III, p. 223 à 229 (conférence introductive à la table ronde de l'Institut National du Patrimoine : « L'édifice, l'architecte, l'archéologue et le restaurateur : approches théoriques et méthodes de restauration», IFROA, 24-26 juin 2002).
16 Institut National d'Histoire de l'Art, 26 octobre 2007.
17 Ils ont d'ailleurs justement rappelé que cette contamination n'était pas uniquement française mais très répandue aussi bien dans le monde occidental qu'extra occidental. Sur les Etats-Unis : Patrick PONSOT, « Leçons américaines », latribunedelart.com, Patrimoine, mai 2006.
18 Cesare BRANDI, La restauration : méthode et études de cas, Paris, 2007, traduction et remise à jour par Guiseppe Basile des textes initialement publiés par Michele Cordaro (Cesare BRANDI, Il restauro, Teoria e pratica, Roma, 1994).
19 La mise en oeuvre d'un corps de conservateurs, tous formés au sein de l'Institut National du Patrimoine, quelque soit leur spécialité (musées, archives, oeuvre d'art ou archéologues) a malheureusement ignoré les architectes. Il est urgent et indispensable qu'un corpus théorique commun soit imaginé, qui seul permettrait l'approche pluridisciplinaire dont ont besoin les monuments.
20 Quitterie CAZES et Maurice SCELLES, Le cloître de Moissac, Bordeaux, 2001.
21 Voir Peter KURMANN, La cathédrale de Meaux, Paris, 1971.
22 Ces travaux sont à mettre en relation avec l'intervention, en 1313, de Philippe le Bel, qui, alerté sur la situation de la façade dont les voûtes menaçaient ruine, consacra 40 livres tournois à leur réparation. Après les reprises et consolidations des voûtes du massif de la façade, la cathédrale put être consacrée le 5 mai 1324 par Guillaume de Brosse, archevêque de Bourges. Robert BRANNER, La cathédrale de Bourges et sa place dans l'architecture gothique, Paris-Bourges, 1962.
23 Archives départementales de Loir-et-Cher, Minutier, dépôt n°27, 280 ; 1641, 1er mai. Devis seul publié Jean MARTIN-DEMEZIL, « Gaston d'Orléans et Chambord », Mélanges offerts à René Crozet, Paris, 1966, p. 1404.
24 Bruno FOUCART, Deux siècles précurseurs, Paris, 2008.
25 Voir note 7.
26 J'ai raconté ailleurs l'expérience décapante du point de vue des idées qu'avait été en 1998 la restauration du décor XIXème de la façade des Loges du château de Blois, sous le contrôle scientifique de l'ICR de Rome, alors dirigé par Michele Cordaro, grand connaisseur et propagateur de la pensée de Brandi (voir note 15).
27 Patrick PONSOT, « Décentralisation, démocratie et Monuments historiques », Momus, n°17, février 2005, p. 9, 10 (sous la signature de Paul AYREME).
28 Du moins après 1848, Françoise Bercé, Les premiers travaux de la commission des monuments historiques, 1837-1848, Procès-verbaux et relevés d'architectes, Paris, 1979.
29 Projet de circulaire de la direction de l'Architecture et du Patrimoine (31 mars 2008).