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PRIX D'HONNEUR / PRIX D'HORREUR
Pour la restauration de l’église Notre-Dame de Rigny
Pour la restauration de l’église Notre-Dame de Rigny
Prix d'honneur
Décembre 2008

au Docteur  Marc Jacquet
à Brice Moulinier (Atelier Moulinier) restaurateur de peintures 
à Bruno Robert (Atelier van Guy)  restaurateur de vitraux 
à l’entreprise Hory Chauvelin taille de pierre
pour la restauration de l’église Notre-Dame de Rigny

 

Dissimulée dans un vallon de Touraine,  à quelques kilomètres du château d’Ussé, méconnue du public, asphyxiée jusqu’en 1983 par le lierre, les ronces et les sureaux, l’église romane Notre-Dame de Rigny attendait la mort lente ou violente promise à nombre de ses soeurs en péril, à moins d’un miracle. Mais quand on sait que le château d’Ussé est celui de La Belle au bois dormant, on pouvait espérer la venue d’un (ou de plusieurs) princes charmants prêts à la tirer de sa léthargie. Aujourd’hui, alors que s’achève une tranche de travaux, le miracle a eu lieu. On découvre avec stupeur au détour d’une petite route cet édifice altier, de toute beauté, et dont l’implantation en ce lieu reculé demeure un mystère. 

Victime du déplacement du bourg de Rigny à proximité du château, solitaire, abandonnée, elle était restée debout, ses racines enfouies dans un site occupé dès l’époque gallo-romaine, ainsi qu’en témoignent les fouilles menées pendant 15 ans par le CNRS (à partir de 1986) et qui mirent également au jour des sépultures du VIIe siècle.  Jusqu’en 1843,  on allait du bourg d’Ussé à l’église par un sentier malaisé appelé « le chemin de messe » que Louis XI lui-même avait dû emprunter en son temps. C’est que le roi affectionnait la région de Saint Benoît-la-Forêt, où il effectuait des séjours réguliers, se rendant à Notre-Dame de Rigny pour assister à la messe et signer ordonnances et lettres missives avant de s’en aller chasser en forêt de Chinon.

Du  XVIe au XIXe siècle, Notre-Dame reste le centre de culte et d’inhumation de la paroisse, lorsqu’en 1858, la marquise de la Rochejacquelin, propriétaire du château d’Ussé, construit  une nouvelle église dans le bourg, grâce au legs d’une certaine Dame Georget. La commune cède alors l’église ancienne à la châtelaine, à charge pour elle de la maintenir en état et d’en garantir l’accès aux pèlerinages et autres pieuses manifestations. En 1885 la famille de Blacas acquiert le château d’Ussé, et assure l’entretien du bâtiment qui sera classé Monument historique en 1930 par le comte de Blacas, maire de Rigny-Ussé.  Malgré des travaux accomplis après la Seconde guerre mondiale, l’église exposée aux intempéries se dégrade. Les pluies s’accumulent sur les murs sud et  rongent les parements des soubassements; une partie de la voûte de la nef s’effondre ; le vandalisme fait le reste. C’est alors que se manifeste un amoureux de la Belle, désormais en état de coma dépassé. Il se nomme Marc Jacquet, il est médecin, membre du Conseil Général, grand chasseur et possède autant de meutes que Louis XI. Il est aussi président de l’Association du Parc Forestier de Teillay (devenue l’Association des Amis de Notre-Dame de Rigny) et c’est à ce titre qu’il achète l’église à la famille de Blacas en 1983 pour un franc symbolique.

Le pourtour de l’église une fois débroussaillé, l’étaiement des voûtes de la nef est exécuté de toute urgence par des compagnons charpentiers, (il faudra encore les déposer et les remonter dès que les crédits seront accordés). Le Dr. Jacquet  se bat comme un beau diable pour obtenir les premiers financements de sauvetage qui arriveront au bout de … vingt-trois ans. Lors de l’étude préalable, les études montrent que le bon sol était à 7 mètres, ce qui explique que le chœur se soit partiellement effondré et ait été reconstruit au XIVe siècle. Le temps écoulé entre l’acceptation des travaux et leur réalisation ne cesse de faire augmenter le coût, pendant que l’église continue à souffrir. En décembre 2006, Marc Jacquet demande à changer d’ACMH, pour accélérer le processus de restauration. L’administration accepte, avant même le changement de la législation (décret d’octobre 2007), qui met les ACMH en concurrence. Marc Jacquet devient maître d’ouvrage et prend Patrick Ponsot pour maître d’œuvre. De 1986 à 1999, la consolidation de l’édifice par la révision des couvertures, la reprise du sous-œuvre des murs et le renforcement des contreforts sont assumés par l’association, plus ou moins soutenue financièrement par les Monuments historiques, l’aide décisive de l’APMH et le Conseil Général. Fin 2003, une première tranche de travaux entame la réfection du chœur, de la croisée et du transept. En 2007-2008, la restauration continue : rénovation de la totalité des ouvertures du chœur et des transepts, restauration de la rosace,  pose de vitraux et stabilisation des peintures murales (possiblement de Jehan Fouquet).

Quand Notre-Dame sera-t-elle totalement accessible ? D’importants travaux restent à mener  en l’attente des subventions nécessaires (3 millions d’euros pour consolider les fondations, restaurer les voûtes, les couvertures et les peintures). Mais, telle qu’elle est, ouverte aux visiteurs éblouis par sa beauté ou aux mélomanes qui assistent aux  concerts organisés au profit de sa restauration, elle suscite l’émotion et le recueillement propres aux lieux où souffle l’esprit.  

Site web : http://eglise-de-notre-dame.com
e-mail : marc.jacquet2@wanadoo.fr


 
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